Articles scientifiques

          • « Le culte chrétien dans les maisons privées durant les premiers temps de l’Église », Revista agustiniana 123, 40, 1999, p. 1009-1062.
            Résumé
            Étude sur l’habitat des domus ecclesiae en rapport avec les données patristiques des deux premiers siècles. Un paragraphe soulève la délicate question d’une hypothétique présence chrétienne à Pompéi. Essai de reconstitution d’une vie d’assemblée dans la villa de Publius Paquius Proculus sise rue de l’Abondance. Une bibliographie indicative complète l’article.
          • « Du bénéfice du De Resurrectione », Revue biblique 4, 2001, p. 73-100.
            Résumé
            L’attribution du De Resurrectione à Justin Martyr est vraisemblable : elle enrichit notre connaissance de ce chrétien du iie siècle. Il n’y a pas opposition entre un apologiste fidéiste de ce traité et un apologiste rationaliste et polémiste du Dialogue avec Tryphon. Le De Resurrectione vient confirmer l’idée d’un homme attaché à la Bible comme parole de Dieu, et dont la culture profane peut être teintée par le moyen platonisme. Notre propos n’est pas d’approfondir les problèmes d’attribution du traité à Justin mais de montrer les conséquences qu’une telle attribution peuvent avoir sur notre connaissance de l’apologiste.
          • « La tradition du texte du Dialogue avec Tryphon », Revista agustiniana 127, 42, 2001, p. 221-262.
            Résumé
            Étude des traditions indirecte et directe du Dialogue avec Tryphon avec une histoire reconstituée du manuscrit suivie d’une description de l’état du codex Parisinus graecus 450.
          • « Problèmes historiques dans le Dialogue avec Tryphon », Revista agustiniana 128, 42, 2001, p. 653-714.
            Résumé
            Article qui établit les critiques d’authenticité et de provenance du Dialogue avec Tryphon. Les problèmes de datation de la rencontre entre Justin et Tryphon et le lieu de la discussion sont étudiés avant de dresser un descriptif des personnages de Tryphon et du vieillard. Le destinataire Marcus Pompeius permet d’aborder les problèmes d’appropriation.
          • « Analyse littéraire du Dialogue avec Tryphon », Revista agustiniana 129, 42, 2001, p. 1077-1114.
            Résumé
            Une présentation du Dialogue comme genre littéraire analyse la technique narrative, l’emploi des insérendes et la forme dramatique du texte. Un paragraphe fait le point sur la composition du Dialogue et le style littéraire de Justin.
          • « Justin Martyr : un homme de son temps », Sacris erudiri 41, 2002, p. 5-29.
            Résumé
            Justin s’inscrit comme tout être dans un lieu, un temps et un milieu. En voulant saisir l’horizon culturel de ce chrétien cultivé, nous dégageons trois types d’influence qui ont marqué son apologétique : la philosophie, le judaïsme et le christianisme. Chacune de ces influences est envisagée sous trois optiques différentes : les points de vue biographique, apologétique et exégétique. L’impact philosophique est incontestable : l’idée d’une philosophie primordiale, la notion de logos et le courant du moyen platonisme. La culture judaïque est omniprésente dans le Dialogue. Justin a une connaissance partielle de la tradition orale rabbinique : il a une dette envers l’exégèse juive et il connaît l’interprétation juive de certaines prophéties. Enfin, le christianisme est la vraie philosophie selon lui. Lecteur infatigable de la Bible qu’il considère comme la parole inspirée de Dieu, il insiste sur le rôle du Saint Esprit pour saisir le sens des écrits sacrés. Le sens de cette controverse est à rechercher dans la nature des destinataires et l’identité de Marcus Pompeius.
          • « Le manuscrit de Justin », Bulletin de littérature ecclésiastique 103, 2002, p. 371-382.
            Résumé
            Cet article n’apporte aucune nouveauté codicologique mais propose une présentation du manuscrit en renouvelant la méthodologie critique traditionnelle à l’aide de la théorie de la médiation. On dissocie clairement ce qui relève du message (le texte du Dialogue) et ce qui relève de l’ouvrage (le codex). Les opérations de relève abordent l’analyse linguistique du message (relève rhétorique, relève historique) et l’analyse technique de l’ouvrage (relève industrielle, relève historique) tandis que les opérations de « révèle » entrecroisent les plans ergologique, sociologique et axiologique. Cet article tend à montrer que la théorie de la médiation appliquée à l’étude des textes n’induit pas simplement une autre façon de présenter les choses mais instaure un nouveau questionnement en alignant les principes traditionnels (restitution, attribution, appropriation) à côté d’aspects négligés (affectation, accommodation).
          • « Épistémologie ou vulgarisation : un dilemme ? (Discussions sur deux éditions du Dialogue avec Tryphon de Justin Martyr) », Gerión 21/2, 2003, p. 31-45.
            Résumé
            L’article prend prétexte de la discussion de deux éditions du Dialogue pour présenter quelques réflexions sur le dilemme entre l’épistémologie et la mise en place de la connaissance historique face au discours que l’on tient pour le grand public dans la diffusion de l’histoire d’une période, d’un auteur ou d’un texte. Le domaine d’investigation est restreint à la patristique.
          • « Historiographie du priscillianisme (xixe-xxie siècles) », Recherches augustiniennes 34, 2005, p. 195-238.
            Résumé
            Bilan d’une historiographie des travaux sur le priscillianisme depuis le xixe siècle. L’objectif est triple : d’abord, expliquer les différentes lectures de l’affaire priscillianiste en évaluant l’apport de découvertes successives à la connaissance de ce phénomène religieux ; ensuite, orienter l’état de la question vers la problématique suivante : les connexions possibles entre priscillianisme et manichéisme du ive au vie siècles ; enfin, montrer l’évolution de l’historiographie sur l’Antiquité tardive dans le domaine de la patristique latine, en matière d’hérésiologie.
          • « Priscillien et le priscillianisme en Hispanie », Bulletin de littérature ecclésiastique 108/4, 2007, p. 483-508. pdf
            Résumé
            Priscillien, riche laïc aristocrate, devient le représentant charismatique d’un mouvement chrétien qui se diffuse dans toute la péninsule ibérique et en Aquitaine. Catholique non conformiste, il s’attire l’animosité de deux évêques qui ont juré sa perte. Après bien des intrigues, il est condamné pour crime de magie, et exécuté sous le règne de l’empereur usurpateur Maxime fin 385. La seconde période du priscillianisme s’étend sur deux siècles, pendant lesquels il va évoluer en marge du catholicisme. En s’écartant des principes du fondateur, le mouvement prend une orientation clairement hérétique et disparaît à la fin du sixième siècle.
          • « Priscillien et la culture antique: étude des potestates uentorum », Revue bénédictine 121/1, 2011, p. 5-17. pdf
            Résumé
            L’usage de cette expression n’est pas dû à l’influence de lectures gnostiques ou manichéennes à tendance dualiste comme l’a pensé Maria Gabriella Bianco (« Priscilliano e le potestates ventorum », Studi materiali di storia delle religioni, l’Aquila, Japadre, 16, 1992, p. 275-288) mais à sa culture profane héritée de sa formation scolaire. L’évêque d’Avila reprend la potestas uentorum des commentaires néoplatoniciens d’Hésiode et d’Homère en mettant le pluriel, à cause de l’influence d’Hilaire de Poitiers mélangeant en des formules diverses les expressions de Ep 2, 2 et Ep 6, 12. À travers cette expression empruntée à sa formation scolaire et transformée par sa culture chrétienne, il concilie ainsi les traditions biblique et philosophique.
          • « Ernest-Charles Babut (1875-1916): un spécialiste oublié du christianisme ancien », Études théologiques et religieuses 87/2, 2012, p. 219-230. pdf
            Résumé
            Hommage est rendu à Ernest-Charles Babut, qui a publié une monographie sur le priscillianisme en 1909. Est tracé un portrait de cet historien de la Belle Époque, emporté dans la tempête de la Grande Guerre. L’étude présente sa vie, son œuvre et insiste sur les controverses qui ont agité l’école méthodique. Une bibliographie des travaux de l’historien (monographies, contributions, articles, recensions) complète l’article.
          • « El priscilianismo, según Orosio », Augustinus 57/1, 2012, p. 177-192. pdf VF
            Résumé
            Paul Orose (380; 418) a écrit un mémoire contre les priscillianistes, à l’attention d’Augustin. Il y cite un extrait d’une lettre de Priscillien. Cet article propose une double lecture de ce fragment. Tout d’abord, est exposée l’interprétation orosienne purement hérésiologique. Ensuite, une explication conforme aux idées exposées dans les Traités de Wurtzbourg permet de montrer que le terreau commun de la gnose suffit à rendre compte de la confusion avec une lecture hétérodoxe. Priscillien se comprend mieux à l’aune d’un arrière-plan philosophique.
          • « Les priscillianistes ou “les autres Gnostiques” », Emerita 80/1, 2012, p. 125-148. pdf
            Résumé
            Les paragraphes 13 à 16 de l’Indiculus de Haeresibus du Pseudo-Jérôme mentionnent l’existence « d’autres Gnostiques » (De Gnosticis aliis). À l’instar de Henri-Charles Puech et Benedikt Vollmann, l’auteur propose ici d’identifier le priscillianisme. Il donne une traduction et développe un commentaire qui déconstruit l’image hérésiologique pour retrouver les traits initiaux de la pensée de Priscillien d’Avila. La source de l’incompréhension entre le mouvement et ses adversaires provient du fait que Priscillien diffuse en Occident un christianisme oriental aux conceptions doctrinales archaïques.
          • « Étude des différentes rédactions du Liber apologeticus du codex de Wurtzbourg attribué à Priscillien », Revista Catalana de Teologia 38/1, 2013, p. 209-229. pdf
            Résumé
            Priscillien d’Avila serait bien l’auteur du Traité I du manuscrit de Wurtzbourg, appelé par Georg Schepss Liber apologeticus, composé à l’occasion du concile de Saragosse vers 379-380 alors qu’il était prédicateur laïque. Cette étude tend à dégager plusieurs strates de rédaction dans le Liber apologeticus. L’hypothèse d’une reconstitution des différents états du Liber est la suivante : Priscillien aurait fait fusionner un texte support avec sa propre rédaction, en mêlant les deux états du texte de trois façons (il juxtapose, il commente et il résume). Au terme de cette version, il ajoute encore une strate supplémentaire, pour unifier la composition finale.
          • « Lire et interpréter les Écritures selon Priscillien », Bulletin de Littérature ecclésiastique 116/2, 2015, p. 95-110. pdf
            Résumé
            Priscillien et ses disciples sont influencés par l’exégèse d’Origène, qu’ils ont connue soit directement par des versions latines antérieures aux traductions de Rufin d’Aquilée, soit indirectement par des Pères comme Hilaire de Poitiers.
            La théorie des trois sens est exposée dans l’homélie sur l’Exode (Traité VI). L’interprétation des textes scripturaires, illustrée par la théorie des analogies verbale et numérique, permet d’exposer des méthodes de composition et de lecture très courante dans l’Antiquité. L’analogie verbale se base sur la correspondance des textes et leurs significations. Chaque épisode du NT doit faire écho à un événement biblique de l’AT qui le préfigure. N’a de valeur spirituelle que ce qui est conforme au modèle. La démarche est inverse de l’allégorie. Ici, l’analogie permet d’interpréter le NT en fonction de l’éclairage de l’AT. Comme pour les mots, les occurrences des nombres doivent toutes concourir à construire un sens univoque. Priscillien utilise ainsi cette symbolique dans son interprétation des textes scripturaires.
            L’analogie comme théorie d’interprétation permet d’aborder de nouveaux champs herméneutiques encore peu à l’honneur dans la recherche exégétique ancienne.